Simulez votre prêt

Quelles banques financent les frontaliers suisses, et à quelles conditions

En bref

Toutes les banques françaises ne traitent pas un revenu en francs suisses de la même manière. Certaines ont une politique frontalier structurée, d'autres étudient au cas par cas, d'autres n'ont aucune appétence pour ces dossiers. Ce qui fait passer un financement frontalier tient rarement au taux affiché en vitrine : c'est la politique interne de l'établissement, la solidité du dossier et le fait de frapper à la bonne porte du premier coup.

Cet article traite du parcours bancaire d'un dossier frontalier. Si vous cherchez d'abord à comprendre la décote sur les revenus en CHF, le choix de la devise d'emprunt ou la mobilisation du 2ᵉ pilier, tout est expliqué sur notre page courtier frontalier suisse.

Trois familles de banques face à un revenu en francs suisses

Dans la pratique, les établissements français se répartissent en trois groupes assez nets. Le point de bascule tient au taux de conversion retenu : sur les banques que nous sollicitons régulièrement, deux seulement retiennent le salaire au cours du jour. Les autres appliquent un taux fixe prudentiel de 1,15 CHF pour 1 €, ce qui réduit le revenu pris en compte de près de 20 %. Sur un projet à 400 000 €, l'écart de capacité d'emprunt entre ces deux pratiques dépasse 70 000 € pour un dossier strictement identique.

  • Celles qui ont une politique frontalier établie. Souvent des réseaux régionaux implantés près de la frontière, avec des grilles internes prévues pour les revenus en devises et des conseillers qui voient ces dossiers toutes les semaines. Ce sont elles qui décident le plus vite.
  • Celles qui étudient au cas par cas. Le dossier sort de la grille standard et remonte en comité. C'est faisable, mais le délai s'allonge et la décision dépend beaucoup de la qualité du montage présenté.
  • Celles qui n'ont pas d'appétence. Refus de principe, ou conditions si restrictives qu'elles reviennent à un refus. Rien d'anormal : chaque banque choisit ses risques.

Le piège classique est là. Un dossier envoyé à un établissement du troisième groupe revient négatif au bout de plusieurs semaines, alors que le compromis, lui, continue de courir. C'est la principale raison pour laquelle un accompagnement généraliste, sans partenariats frontaliers réels, coûte cher en temps.

Ce que la banque regarde vraiment dans un dossier frontalier

Au-delà des critères habituels, quelques points pèsent spécifiquement sur ces dossiers.

  • L'ancienneté du contrat suisse et le type de permis (G, B ou C). Une prise de poste très récente complique l'étude, sans la rendre impossible.
  • Le secteur d'activité et la stabilité de l'employeur. Horlogerie, pharma, organisations internationales, industrie : les lectures diffèrent.
  • La part du revenu en CHF dans le total du ménage. Un couple dont un seul salaire est en francs est lu différemment d'un ménage entièrement rémunéré en Suisse.
  • L'apport et son origine, en particulier si une partie provient d'un dispositif suisse.
  • L'épargne résiduelle après opération, qui rassure sur la capacité à absorber une variation de change.
  • La tenue des comptes sur les derniers mois, en France comme en Suisse.

Les motifs de refus les plus fréquents

  • Un dossier adressé à une banque sans politique frontalier.
  • Des revenus en francs suisses trop récents au regard des exigences de l'établissement.
  • Un apport insuffisant au regard du montant emprunté, les attentes étant généralement plus élevées que sur un dossier classique.
  • Un endettement calculé sans tenir compte correctement de la conversion et des charges réellement supportées.
  • Des pièces suisses incomplètes, non traduites ou dans un format que la banque n'accepte pas.

Aucun de ces motifs n'est une fatalité. La plupart se corrigent en amont, avant le dépôt, à condition de les repérer.

Le calendrier, le vrai sujet

Un compromis fixe une condition suspensive d'obtention de prêt, souvent autour de quarante-cinq à soixante jours. Sur un dossier frontalier, chaque aller-retour bancaire consomme une part importante de ce délai : traduction de pièces, passage en comité, demande de compléments. Anticiper la constitution du dossier avant même la signature du compromis change tout, et permet de solliciter les bons établissements en parallèle plutôt qu'en série.

Questions fréquentes

Combien de banques faut-il consulter pour un dossier frontalier ?

Moins qu'on ne le croit, mais les bonnes. Solliciter dix établissements au hasard produit surtout des refus et des traces dans les fichiers de consultation. Deux ou trois banques réellement positionnées sur le frontalier, sollicitées en parallèle avec un dossier complet, donnent un meilleur résultat en moins de temps.

Faut-il domicilier ses revenus en France pour obtenir le prêt ?

C'est fréquemment demandé en contrepartie des conditions accordées, sous des formes variables selon les établissements. Ce point se négocie et doit être regardé avec le reste du package, pas isolément.

Un contrat suisse récent bloque-t-il le financement ?

Pas systématiquement. Certaines banques exigent une ancienneté minimale, d'autres acceptent avec une période d'essai achevée et un profil solide par ailleurs. C'est typiquement le cas où le choix de l'établissement fait la différence entre un accord et un refus.

Nos chiffres sur le financement frontalier

Ces ordres de grandeur sont issus de notre pratique, sur environ 120 dossiers frontaliers accompagnés chaque année depuis nos agences de Ferney-Voltaire et du Jura. Ils décrivent ce que nous observons sur le marché, et non une garantie de résultat.

  • 2 banques sur notre panel retiennent le salaire en CHF au cours du jour. Les autres appliquent un taux fixe de 1,15 CHF pour 1 €.
  • Près de 20 % d'écart sur le revenu pris en compte entre ces deux pratiques, soit plus de 70 000 € de capacité sur un projet à 400 000 €.
  • 60 % de nos financements frontaliers sont en euros, 35 % en francs suisses, 5 % en montage mixte. Le prêt en devise est donc loin d'être marginal.
  • Sur un dossier préparé en amont (tenue des comptes, épargne constituée, apport ajusté), l'écart entre la première proposition reçue et la solution finalement retenue atteint couramment 20 % du coût total du crédit.

Vous préparez un achat en France avec des revenus en francs suisses ? Notre agence de Ferney-Voltaire travaille ces dossiers au quotidien. Vous pouvez aussi lire notre guide sur l'achat dans le Pays de Gex ou nous contacter directement.